Bismillaahirra7maanirrahiiiiiim - Au nom de Dieu le clément et le miséricordieux
Le tajwid est un ensemble des règles de la lecture du Coran. Pour ne pas encombrer votre esprit, je n'écris que les règles essentielles, que voici :
I. Règles de noun sakina ou tanwine, c'est à dire le son "an", "in" et "oun"
II. règles de mime sakina, c'est à dire le son "am", "im" et "oum"
III. règles de longueur des syllabes appellée aussi mad
IV. règles d'idgham en dehors du noun sakina et de tanwin
V. règles de qalqala ou rebondissement
VI. règles de "Al"
VII. règles de "Ra"
VIII. règles de mim et noun portant la chadda
I. Règle de noun sakina : "an", "in" ou "oun"
1. Al Idhhar ou clarté : ce son se prononce tel quel et de façon brève lorsque un noun sakina ou un tanwin c'-à-d le son "ane", "ine" ou "oune" est suivi d'une des lettres 'ain, ghayn, 7a, kha, hamza et ha
exemple : man aamana, min 'ilmin, an'amta, min ghillin, min khaoufin, min houwa, 'alimoun 7akiim
2. al Idgham ou assimilation : quand un noun sakina ou tanwin est suivi de l'une de ces lettres ya, ra, mim, lam, waou et noun. Dans ce cas le noun sakina ou le tanwin (an, in ou oun) se transforme en lettre qui le suit.
Il y a deux sortes d'idgham : avec nasalisation (idgham bighounna) et sans nasalisation (idgham bidouni ghounna ou bila ghounna)
remarque : nasalisation = prononciation dans le nez. Un peu comme le "n" nasalisé en français dans les mots "un", "pain", "lin", "quand". mais les voyelles se prononcent tels qu'ils sont.
avec nasalisation : quand le noun sakina ou le tanwin est suivi de l'une des lettres suivantes ya, mim, noun waou,
exemples : faman ya'mal on doit le prononcer "famayya'mal" mais accompagné de nasalination au son may, abii lahabin watabb, se lit "abii lahabiwwatabb" le son biw est accompagné de nasalisation, habloun min masad, se lit "habloummimmasad", minni'matin, se lit "minni'matin"
Le noun sakina ou le tanwin dans le cas d'idgham bighounna se prononce avec une longueur de deux flexions d'un doigt.
Sans nasalisation : quand le noun sakina ou le tanwin est suivi de l'une des lettres lam ou ra
exemples : laïn lam, se li "laïllam", min lisaanin, se lit "millisaanin", min rabbika, se lit "mirrabbika"
Exceptions ; lorsque le noun sakina se trouve dans un même mot avec la lettre ya, mim, ou waou qui la suit, le noun sakina doit être prononcer de façon claire comme dans le cas d'idhhar.
Exemple : dounya, bounyanoun, minwaaloun, inmasaha
3. al Iqlab ou la soubstitution ; lorsque un noun sakina ou un tanwin est suivi de la lettre ba. dans ce cas, le noun sakina ou le tanwin se lit comme mim sakina ("am", "im" ou "oum").
exemples : younbitou, se lit "youmbitou", min ba'di, se lit "mimba'di", samii'oun bashiir, se lit "samii'oumbashiir"
Ici aussi, la longueur de noun sakina ou de tanwin se prononce avec une longueur de deux flexions d'un doigt.
4. Al ikhfa ou la dissimulation : lorsque le noun sakina ou le tanwin est suivi par les lettres sad, dzal, tsa, kaf, djim, chin, qaf, sin, dal, tha, zayn, fa, ta, dlat et dhat. Dans ces conditions, le noun sakina ou le tanwin doit être nasalisé. La dissimulation est maximale quand la lettre qui suit ne noun sakina ou le tanwin est l'une des trois lettes suivantes : ta, dal et tha. La dissimulation est minimale lorsque la lettre qui suit le noun ou le tanwin est l'une des lettres suivantes : kaf et qaf. Tous le reste est appelé dissimulation moyenne. Le qualificatif "maximale" ou "minimale" se réfère au niveau de la prononciation du noun sakina ou du tanwin.
Exemples : antoum, minkoum, yanzilou, minqablikoum, insaana, ...
Pour les non initiés, ce n'est pas évident de nasaliser le noun sakina ou le tanwin. Le mieux c'est de les pratiquer en écoutant et en répétant les récitations.
II. Regles de mim sakina :
1. Ikhfa chafawi ou dissimulation labiale : quand le mim sakina (am, im ou oum) est suivi par la lettre ba. Dand ces conditions, le mim sakina doit être prononcé avec nasalisation. Exemple tarmiihim bi7ijaaratin
2. idgham mithlayn saghir ou assimilation mineure de deux identiques : quand le mim sakina est suivi par un autre mim. Dans ce cas, le mim sakina doit être prononcé avec nasalisation. Exemple : In kountoum mou:miniin.
Rappellons que la durée de nasalisation est de deux flections de doigts.
3. Idzhar chafawi ou prononciation claire labiale : quand le mim sakina est suivi d'une lettre autre que le mim et le ba, le mim sakina doit être prononcé sans nasalisation de façon claire. Exemple Al7amdou, 'alayhim waladldlaalliine.
Remarque importante : beaucoup de gens confondent le mim sakina et le noun sakina. Cela a pour conséquence de prononcer le mim sakina avec nasalisation quand il ne faut pas, ce qui est une grave erreur.
III Al Mad ou l'allongement :
1. Mad asli ou thabi'in ou allongement naturel; 2. mad far'i ou allongement dérivé.
1 Allongement naturel : quand une lettre portant un fat7a c-à-d ayant un son "a" est suivi d'un alif, une lettre portant un kasra ou ayant un son "i" est suivi d'un ya ou une lettre portant un dlamma ou ayant un son "ou" est suivi d'un waou, alors, ces lesstres doivent être prononcé avec allongement de deux 7arakat ou deux mesures (flexions d'un doigt). Exemple : yaa, maa, illaa, qaala, ...
Exception : le son "naa" dans mot anaa est toujoyrs prononcé de façon breve.
2. Allongement dérivé ou mad far'i :
Il y a dix sortes de mad far'i :
1. Mad wajib mouttasil ou allongement obligatoire dans le même mot : quand un allongement naturel est suivid'un hamza ("a", "ou" ou "i") dans le même mot. Exemple : jaaa, aalaai, oulaaika, malaaikah, ... Longueur 5 mesures.
2. mad jaiz mounfasil : quand un allongement naturel est suivi d'un hamza se trouvant dans un autre mot. Exemple : yaa ayyouha, innaa a'thaynaka, innaa anzalnahou, ... Longueur : de 3 à 5 mesures.
3. mad 'aridl lissoukoun ou allongement à cause d'un soukoun : quand un allongement naturel est suivi d'une lettre sakina à causedun arrêt. Exemples : al 'aalamiin, arra7iim, al 'aqaab, khalodououn, khabiir, ... Longueur : de 2 à 6 mesures.
4. mad 'iwad : quand on arrête sur une lettre portant un double fat7a ou fat7atain c'-à-d sur le son "an", ce son est remplacé par "aa". exemples : bachiiran ---> bachiraa. 7akiman ---> 7akimaa, ... Longueur : 2 mesures.
5. mad lazim moutsaqqal kalimi : quand un allongement naturel est suivi d'une lettre double (avec chadda) : wala dldlaallin, assaakhkha, aththaamma, ... Longueur : 6 mesures.
6. mad lazim moukhaffif kalimi : quand un allongement naturel est suivi d'une lettre sakina. Exemple : aalaan, ... Longueur : 6 mesures.
7. mad lazim 7arfi mouchba' : il concerne les lettres qui se trouvent au début d'une sourate. Ces lettres sont qaf, sad, kaf, lam, noun, mim, sin.. Exemples : alif laam miim, yaa siin, ... Longueur 6 mesures.
8. mad lazim moukhaffaf 7arfi : il concerne les lettres se trouvant au début d'une sourate : 7a, tha, ha, ra. exemples : thaahaa.
9. mad silla ou allongement de liaison : quand un affixe pronominal de la troisième personne masculin singulier portant une kasra ou une dlamma ("hi" et "hou") est précédé d'une lettre avec voyelle breve, à condition que ce pronom ne soit pas suivi d'une lettre sakina, . Exemples : biidznihi, lahou, innahou, bihi, ...
Si le pronom est précédé d'une lettre sakina ou d'allongement, le pronom est prononcé de façon breve, comme dans minhou, 'alayhi. Dan les exemples suivant le pronom doit être prononcé de façon breve aussi, car suivi d'une lettre sakina : lahoul7amdou, innahoul7aqq, lahouddiin.
Remarque : quand le pronom ("hi" ou "hou") se trouve à l'arrêt, on lui attribue un soukoun et il n'y a pas de mad. Car le mad silla ne fonctionne que quand on continue après le pronom. Exemples : dzaalika liman khachiya rabbahouou ---> dzaalika liman khachiya rabbah. Laa chariika lahouou ---> laa chariika lah.
Il y a 2 sortes de mad silla : long et court
a. long : quand le pronom est suivi d'un hamza. Exemples : innahouou adl7aka, min 'ilmihii illaa, ... Longueur de 3 à 6 mesures.
b. court : les autres. Longueur : 2 mesures.
10. mad tamkin : quand 2 ya dans le même mot, le premier portant la chadda (doublé) et un kasra ("i"), le deuxième est un ya sakina ou d'allongement. Exemples : annabiyyiina, 7ouyyiitoum. Longueur : 2 mesures.
Remarque : cette regle est en fait superfloue, car elle pourrait faire partie de l'allongement naturel.
IV. Règles d'idgham en dehors du noun sakina et du tanwin :
1. Idgham moutamatsilayn : quand une lettre sakina (portant un soukoun) est suivi d'une même lettre se trouvant dans un autre mot, alors, on remplace ces deux lettre par une lettre portant un chadda (double), ce qui fait que la première lettre n'a pas besoin d'être articulée. Exemples : bal laa ---> ballaa, idz dzahaba ---> idzdzahaba, idlrib bi'ashaaka ---> idlribbi'ashaaka, qad dakhaloun --->qaddakhalououn, ...
2. idgham moutaqaribayn : quand une lettre sakina est suivie dans un autre mot par une lettredont le point d'articulatione est proche de celle de la première. Dans ce cas, la première lettre est transformée en deuxième. Exemples : irkab ma'ana ---> irkamma'ana, nakhlouqkoum ---> nakhloukkoum, yalhats dzaalika ---> yalhadzdzaalika.
3. idgham moutajanisayn : quand une lettre sakina est suivie dans un autre mot par une lettre dont le point d'articulationest le même, mais le son est bun peu différent. Dans ce cas, la première lettre est remplacée par la deuxième. Exemples : atsqalat da'awoullaaha ---> atsqaladda'awoullaaha, laïn basathta ---> laimbasaththa, qaalat thaaifatoun ---> qaalaththaaifatoun, faqoul rabbi ---> faqourrabbi, idz dhalamouou ---> idhdhalamoumou, laqad jaaakoum, laqajjaaakoum, ...
V. qalqala ou rebondissement : quand une lettre dite de rebondissement porte un soukoun (ou est sans voyelle) ou se trouve à l'arrêt, elle doit être pronnoncée avec rebondissement. Ces lettres sont ba, jim, dal, tha et qaf. Exemple : yad'ououna ---> yadeu-'ououna, yaj'aloulouna ---> yajeu-'aloulouna, yathma'ououna ---> yatheu-ma'ououna, yab7atsououna ---> yabeu-7atsououna, 7asaba ---> 7asabeu (à l'arrêt), a7adoun ---> a7adeu, chadiidoun ---> chadiideu, khallaaqoun ---> khallaqeu, bahiijoun ---> bahiijeu, ...
Il y a deux sortes de rebondissement : petit et grand. le premier est quand la lettre porte un soukoun au milieu d'un mot, le deuxième est quand la lettre se trouv à l'arrêt. Dans ce cas il faut y insister un peu.
De plus, quand à l'arrêt elle porte un chadda (est doublée), on pronnonce comme deux lettres de rebondissement, la première ne rebondissant pas, et la deuxième est pronnoncée avec rebondissement mais avec un peu de retard. Exemples : bil7aqqi ---> bil7aq ... qeu, watabba ---> watab ... beu, ...
VI. Règles de "Al" :
Il y a deux sortes de "al" : "Al" qamariyya et "al" chamsiyya.
1 "Al" qamariyya : quand "al" et suivi de l'une des lettres suivantes : hamza, ba, jim, 7a, kha, 'ayn, ghayn, fa, qaf, kaf, mim, waw, ha et ya. On le pronnonce de façon nette. Exemples : al7amdou, alamiin, al qamar (d'où l'appellation de "al" qamariyya), al birrou, al 'aalamine, alghaniyyou, al kahfi, al amaaïda, alwadououdou, alhawaaou, alyaouma, ...
2. "al" chamsiyya : quand "al" est suivi de l'une des lettres suivantes : ta, tsa, dal, dzal,ra, zayn, sin, chin, shad, dlad, tha, dha, lam et noun. Dans ce cas, on l'assimile à la lettre qui le suit, c'-à-d en ke remplaçant par la lettre qui le suit. Exemples : altaouba ---> attaouba, altsamaraat ---> atstsamaraat, aldiin ---> addiin, al dzikrou ---> adzdzikrou, alrasououlou --->arrasououlou, alzakaatou --->azzakaatou, alsalaamou ---> assalaaamou, alchamsou ---> achchamsou (d'où l'appellation de "al" chamsiyya), ...
Particularité du mot "Allaah" : quand ce mot est précédé par une lettre portant une kasra, c'-à-d un son "i", alors, les deux "l" se pronnonce normallement, c'-à-d en pointant le bout de la langue à la voûte du palais. Exemples : billaah, bismillaah, ... par contre quand "Allah" est précédé par une lettre portant une dlamma ou une fat7a, c'-à-d les son "ou" ou "a", le double "l" se pronnonce en plaquant la langue (pas seulement le bout) à la voûte du palais. Exemples : Allah, minallaah, soub7aanallaah, rasououloullaah, 'abdoullaah, ...
Remarque : certains musulmans du Maghreb prononcent systématiquement le double "l" en plaquant la langue sur la voûte du palais. C'est bien sûr une erreur. Par contre, en Occident beaucoup de gens le prononcent systématiquement au bout de la langue.
VII. Règles de "Ra" : "ra" épais ou tafkhiim et "ra" fin ou tarqiiq
"Ra" épais :
1. "ra" portant une fat7a ( "a") ou une dlamma ("ou"). Exemples : rabbanaa, rouziqnaa
2. "ra" sakina précédé par une dlamma ("ou") ou une fat7a '"a") ; Exemples : bard, bourhaan, ...
3. "ra" sakina précédé par une kasra ("i") asliyya ou originelle, c-à-d qui n'est pas au début d'un verb impératif et suivi de l'une des lettres dites isti'laa: ("kha", "shad", "dlad", "tha", "dha", "ghayn" et "qaf").. Exemples : qirthaas, mirshaad, firshaad firqa, ...
4. "ra" sakina précédé par une kasra qui n'est pas asliyya. Exemples : irji'ouou
"Ra" fin :
1. "ra" portant une kasra ("i"). Exemples : rizq, rijaal, firriqaab, walghaarimiin, walfajri, ...
2. "ra" portant une kasra ("i") précédé par un "ya" portant une soukoun ("ya" sakina). Exemples : khayri, qadiiri, ...
3. "ra" sakina précédé par une kasra asliyya non suivi par une lettre isti'laa:. Exemples : andzirhoum, fir'aouna, miryatin, ...
"Ra" à la fois épais et fin : "ra" sakina précédé par une kasra et suivi d'une lettre isti'laa: portant une kasra. Exemples : firqi, ...
VIII. Règles de mim et noun portant la chadda : le mim et le noun portant la chadda doivent être prononcés avec nasalisation de longueur de deux mesures. Exemple : 'ammaa, tsoumma, innaa, annaas, ...
A suivre.
Voici en guise d'exercice, une récitation de petites sourates du Coran : annasr, almasad, alikhlas, alfalaq et annaas.






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